Galerie Nobilis, Paris
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Invitation Le Syndrome de Kiruna


« À l'été 2009, je proposai à quelques personnes de réfléchir autour d'un texte.
Sans autre préambule, sans contexte, je leur adressai une invitation à réagir à un court extrait.
La nature désincarnée et opaque du support devait être l'anti-cadre de leur réflexion.
La lecture, les relectures devaient, dans mon esprit, offrir à chacun la possibilité de réagir.
Issus d'origines diverses, professionnels ou amateurs, compétents, conscients, ou les deux, ils ont accepté la mise en situation.
Pour la plupart empreints de pratiques personnelles indépendantes des idées véhiculées par le texte, il incombait à chacun des auteurs d'opérer le retour sur soi qui devait donner sens à sa proposition.
Qu'évoque pour chacun un tel avertissement délocalisé, déraciné mais temporellement palpable ?
Ces dix visions ont pour logique commune d'avoir été les réactions à une même pensée.
En composant un cadavre exquis autour de cette proposition, il s'agit de penser collectivement une bribe de souvenir, de le sonder, de sentir la mémoire comme la base d'une euristique de la pensée humaine.
En écho aux motivations de connaissances qui irriguaient la proposition, nous vous offrons maintenant d'agir, de naître avec le monde et donc de s'interroger.
La conscience justifie cette confrontation au théâtre de notre existence, que l'on soit spectateur, acteur, personnage ou personne.
« L'art » n'est alors que ce qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être, un moyen d'expérimenter la vie.
Le Syndrome de Kiruna n'est pas une exposition d'art, d'architecture, de géographie ou de design.
C'est une incursion dans la difficile mise en perspective de nos existences à l'échelle du monde.
Un moyen.
C'est, comme devrait l'être toute création, la simple matière à une remise en question de l'organisation de nos vies.
Le Syndrome de Kiruna est un rappel à ne jamais cesser de contester ce qui semble être. »
Augustin David, avril 2010

Institut Français, Kurfürsterdamm 211, 10719 Berlin
www.institut-francais.fr

Invitation Ins Blickfeld Gerückt

Happyfew, Korsörer Strasse, Ecke Ystader Strasse, D-10437 Berlin
www.happyfew.de

Invitation De la dispersion


Le titre, sous lequel Olivier Sévère a choisi de réunir ses oeuvres pour son exposition à Happyfew, joue sur une polysémie. Au sens propre, la dispersion est l'action de répandre, de jeter ça et là ; au sens figuré, elle désigne un manque de concentration, un éparpillement. En physique, la dispersion est le phénomène affectant une onde (comme la lumière, le son ou les vagues) dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel les différentes fréquences d'une onde ne se propagent pas à la même vitesse. Quant à l'article partitif « de la », il s'emploie devant un nom désignant une réalité indénombrable ou une chose abstraite.

En théorie, le concept de réalité indénombrable diverge des questionnements propres à la sculpture : les formes, les matériaux, la présentation. C'est pourtant sous le signe de cet écart que plusieurs oeuvres sont aujourd'hui réunies.

Des coussins en marbre, un jeu de bowling en verre soufflé, un étrange amortisseur en porcelaine ou une copie non-conforme en bronze d'un emballage de polystyrène : autant d’œuvres, à la fois ancrées dans le réel et sur le fil de la fiction, provenant de différentes périodes de travail et d'ores et déjà présentées dans plusieurs expositions, qui sont ici exposées ou plutôt disséminées sur un même support, une plateforme qui rend leur dispersion tangible. Autour d’elles, un ensemble d'oeuvres graphiques inédites vient compléter visuellement et sémantiquement la notion de dispersion au cœur de cette exposition.